ESTAMPE & POÉSIE PAR GILBERT DESMÉE

Au centre du gravé les mouvants 

à Jean-Pierre Guay

À l'obstacle des noirs sur un élan de blanc le dénuement du corporel 

les orbes réfutant le foisonnement comme passion de flammes

- apurement - l'espace s'affirme blanc réceptacle de la griffure

 

Émouvante

la nudité développe  les harmoniques du  corps

épouse l'ombre du dedans enfourche les clairs de la vue

L'effet courbe attendrit le vif éclat d'une rencontre

 

Singulière  variation avancée de la pointe sur la peau

de l'atlas laissée en abandon

L'encre étonnée ramasse l'eau de l'atlas la métamorphose

et trace le blason du lieu

Brindilles toujours en rêve de moisson

reste un couteau de lune à mesure des remous

 

Dans la chambre de pierre les corps habillés

d'une taille ferme se dévoilent d'un rai de lumière

Mémoire de peau du visage des corps sous le ciel

l'obscur déterre les yeux le blanc en cette nuit

dispense en chaque oeil la langue le monde la nudité de son autre

Au centre du gravé les mouvants l'effet retient la flamme

déchiffre le regard des corps en fusion

Profondeur de la pointe, nuit contre le trou

comme secret de l'oeil

Etre silence voix de son visage le temps à nu

et le soir comme nom il descend plus profond

crache une peau mère des brins pour le désir

remercient le lieu des rumeurs

 

Cette grandeur du désir mousse le point d'émulsion

et scelle la garantie d'une langue en fête

 

Vertige enfin torrent aux cris d'oiseaux

Dans le refuge, la légende de l'accouplement

sur la plaque fragmente en son travail le dit

Orbe à l'autre il absorbe Amants ils seront

géographie en la longue pression d'encre

 

En voisinage l'avant-pierre fragile bornage d'une partance irréfléchie

attirer celle qui pour peu offerte au regard pourrait venir s'y sourcer

Les métamorphoses devant l'orbe la fièvre du lire obstinée de la nuit

l'invitée condamne à l'éclaicie l'énigme encore mal acquise

 

Lent retournement de la peau écholalie d'un tréfonds

gestuelle détournée du regard au flux de l'encre

aube éclatée à l'ultime acte d'opacité

Fini et infini...

 

Maintenant ils seront mémoire


Il reste à dénouer les signes voir dans la fraternité des forces

le rêve d'un geste  À l'aplomb le corps ploie   étire la courbe

l'articulé du mot

La main s'assure de l'épure

pour convaincre la trace qui résiste ombre de parole

 

En cet écart de silence    d'invisibles paroles

allument la coulure de matière

Coulée de  cendre pour cette  pensée du temps sur l'angoisse

Ombre de parole inscrite dans l'encre d'une réalité

Sur la plaque la force du crépuscule

affirme le geste du corps émulsionné  gravé

L'ensemble  se révèle porteur du mouvement

plus vrai 

plus intense 

                      que  la danse

                                                                           Gilbert Desmée poète, essayiste et pédagogue décédé en août 2014


Poème écrit pour évoquer une série de 18 planches de cuivre (15 X 21) de Jean-Pierre Guay
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